Carnet (26) – Volte face / About-turn
Le 16 aout 2010
Quelque chose a changé. J’ai marché dans le présent sur 1700 km, ne cherchant rien d’autre qu’à vivre au maximum mon aventure. Mais depuis que j’ai quitté Leon, je marche vers Santiago. Que les kilomètres me semblent longs… J’ai commis l’erreur de me voir arriver avant l’heure, comme l’indique le titre de mon précédent article : « Le début de la fin ».
J’ai bêtement baissé ma garde, relaché la pression, et me suis laissée submerger par la fatigue et quelques mauvaises pensées… Quelle que soit la personne a qui j’apprends que je viens de Paris, la réaction est sensiblement la même : « Le plus dur est fait, ce qu’il te reste à faire n’est rien. » C’est aussi ce que j’ai cru… A tort. Ce soir j’ai dépassé Astorga et il me reste près de 300 km à parcourir. Ce n’est pas « rien ». Le fait est que j’ai le dessus du pied droit enflé et que je boite sévèrement. J’avance pourtant rapidement, avalant entre 35 et 40 km par jour. Non pas que je cherche à creuser mon avance. La marche est devenue pour moi quelque chose de mécanique, et j’ai désormais presque du mal à m’arrêter. Je veille à manger mieux et troque mes habituels gâteaux et autres cochonneries contre de la salade et du jambon, des laitages et du pain. Mon moral remonte peu à peu.
Je remplis aujourd’hui une nouvelle mission lancée par une lectrice de ce présent blog : emprunter le chemin du retour sur un kilomètre. C’est en croisant François, jeune homme de 23 ans qui a déjà effectué la voie du Puy, que je décide de faire demi-tour. Je lui propose de l’accompagner et nous discutons un peu. Je lui expose mon projet, il me raconte quelques annecdotes. Il est d’un abord réservé et cette petite distance est insuffisante pour réellement partager son aventure.
Cette expérience du retour est néanmoins sympathique et m’amène à me poser des questions. Marcher en sens inverse n’est pas anodin, et cela me donne presque envie de rentrer à pied !
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Le moment est venu pour moi de faire demi-tour à nouveau. Cette fois c’est psychologiquement douloureux, j’ai comme une impression de déjà vu… Au moment où j’ai failli flancher, cet aller-retour sonne comme une perte de temps.
Pourtant, il me rappelle que le chemin est encore long et plein de surprises. Rien n’est gagné, tout est encore à faire.
Et j’aime cette idée.
Céline Chevallier
August 16th,2010
Something changed. I walkedin the present on 1600 km, searching nothing else than to live at most my adventure. But since I left Leon, I walk towards Santiago. How kilometers seem long to me … I made the error to see arriving prematurely, as indicates it the title of my previous article: » the beginning of the end « . I silly lowered my guarding, slackened pressure, and was submerged by tiedness and some bad thoughts … Whatever is the person s who I learn that I come from Paris, the reaction is appreciably the same: » most hard is made, what you have to make is nothing. » It is also what I believed … Wrongly.
This evening I exceeded Astorga and I have about 300 km to be crossed. It is not « nothing ». The fact is that my right foot is swollen and that I severely limp. I move nevertheless quickly, swallowing between 35 and 40 km a day. Not that I try to dig my advance. Walking became for me something mechanical, and I have henceforth almost difficulty in stopping. I watch to eat better and exchange my usual cakes and other mess for salad and ham, dairies and bread. My morale raises little by little.
I perform a new mission today, launched by a reader of this present blog : take the way back on a kilometer. As I meet François, 23-year-old young man who has already made the way of the Puy, I decide to turn back. I suggest accompanying him and we discuss a little. I explain him my project, he tells me some annecdotes. He is reserved and this small distance is insufficient to share really his adventure. This experience of return is nevertheless nice and leads me to ask questions to myself . Walking the other way around is not harmless, and it almost tempts me to return on foot! The moment came for me to turn back again. This time it psychologically aches, I have for an impression of already seen …
As I almost wavered, this round trip rings as a waste of time. Nevertheless, it reminds me that the road is still long and full of surprises. Nothing is won, everything is to be made again. And I like this idea.
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C’est la dernière ligne droite la plus dure… comme on dit !
Le retour sera difficile quelque soit les kilomètres que tu parcourras, tu ne sera jamais réellement « prête » à revenir. Damien n’avait pas réussi à rentrer directement, il avait continuer sa marche jusqu’à Notre Dame de Fatima au Portugal, je crois qu’il aurait pu faire le tour de la terre, cela ne lui aurait pas suffit ! Il y a toujours un retour… Et on sera là, pour t’accueillir.
tu as bien réussi…+1 sur le chemin du retour…superbe!!! mais maintenant reprends un peu d’énergie en alternant des étapes légèrement plus courtes_la météo peut encore jouer de mauvais tours et perturber quelques journées.
Il y a quelques spécialités culinaires en Espagne, Galice, et il serait dommage que tu n’en profites pas: voilà donc une bonne excuse pour prendre plus de temps et vivre avec les gens qui habitent le long du chemin. Les coquilles St Jacques décorent les sacs mais elles vont rarement dans les assiettes espagnoles.
bonne continuation, et tu peux toujours décider de rentrer à pied. Tu es formidableeeeeeeeeee.
Oui, J-pascal, tu as raison, je crois, c’est bien les derniers mètres les plus dur en compétition, et même si c’en est pas une pour Céline, ça y ressemble!
Je regrette de ne pouvoir être là à ton retour Céline, mais mon cœur sera avec vous!
Félicitations à Isabelle d’avoir suggéré ce temporaire retour en arrière ! Qui n’en est pas un. Tant il est vrai que sur le Chemin il ne s’agit pas de gérer l’espace, mais de gérer le temps. De découvrir ce que l’on va en faire, de savoir ce que l’on en fait.
Paul Lapin (Paolo Coelho) suggérait à certains moments d’avancer le plus lentement possible. J’ai essayé : effet garanti !
(et pour t’inciter à essayer, Céline : c’est très difficile !)
Ultréïa !
PS : PPP (priez pour Peter)
Bonsoir Céline,
Surtout ne baisse pas les bras, courage, courage!!
Nous sommes de tout cœur avec toi, tu le sais.
Te voir douter nous fait de la peine.
Le titre de ton blog est : « 2131kms……. »
Pour avoir fait de la marche, je sais que lorsque je partais pour 40kms, je n’en aurai pas fait 41, pour 25kms, je n’en aurai pas fait 26…..!!
Je me suis souvent dit qu’en fait tout est dans la tête.
C’est dernier temps, tu as sans doute présumé de tes forces et tiré un peu trop sur la corde.
Tu as aussi hâte de voir Santiago, cependant, prends le temps de savourer ces derniers kilomètres.
Reprends la marche comme tu le faisais sans que celle-ci soit une marche « mécanique » comme tu dis!!
Je t’imagine marchant sans vraiment regarder autour de toi, c’est ce que le mot « mécanique » m’évoque. Peut-être que je me trompe?
Allez lève les yeux, regarde cet oiseau au dessus de ta tête……il chante pour te changer les idées!!
Bon courage Céline.
Je trouve ce que tu dis ALN, très vrai, pour preuve, plus beaucoup d’images, comme si tu avais juste hâte d’arriver.
Je me doute que les douleurs au pied sont très gênantes, que te dire, quoi que tu fasses, tes choix seront les bons pour nous, pour moi en tout cas!
Si je pouvais t’accompagner pour porter ton sac,( mais pas te porter hein!). Bon courage
Et si Santiago n’était que la moitié du parcours ?
Et si elle repartait pour le Puy ?
Encore un défi à la Céline…
Non Anne, je crois qu’elle regarde toujours autour d’elle, la marche mécanique vient qu’au bout de 1800 km, elle a comme un sacré entrainement qui la fait avaler les 35 à 40 km, comme elle avalait les 25 à 30 qu’elle faisait autour de Bergerac.
S’il te prenait la folie de revenir à pied Céline, le chemin du Puy passe plus au sud de Bergerac, mais il y passe ! On te promet 2 ou 3 nuits confortables. Et dans mon fond intérieur, je me dis qu’elle serait bien capable de le faire.
Mais j’en connais deux qui trouveraient certainement le temps long dans leur petit appartement de Montreuil…
Bon Dieu ! (c’est le cas de le dire) Je viens de réaliser qu’elle ne s’est jamais arrêtée, à part son escapade forcée à Paris (enfin je croie). Sans un jour de repos on n’est pas loin de l’exploit là.
Ce n’est pas comme ça que nous le ferons le chemin, Martine et moi…
Mais ça explique les baisses de moral, la fatigue, les coups de sur-régime limite zone rouge, etc.
Santiago = REPOS ! ! ! Au moins 2 jours (non mais…)
Bonjour à tous!
Je suis ce soir à Molinaseca et je vais peut-être y rester demain pour me reposer.
Il y a eu un petit problème avec internet, mes photos n’étaient pas toutes passées, mais les voici…
Merci merci pour tous ces encouragements une fois encore.
Justement c’est la fin, alors savoure tous les instants. Profites-en pour regarder et filmer davantage, fixe sur ta pellicule des émotions et des tranches de vie…Et puis tu es à la fois pressée d’arriver et triste à l’idée de revenir. Cela nous rassure, nous égoîstes qui n’attendons que tes carnets de route pour nous régaler. Merci aussi pour la confiance que tu nous accordes à nous livrer, je pense surtout au carnet 24, autant de toi-même.
Allez, bon petit bout de chemin.
On t’attend.
Coucou Céline,
ENFIN……..tu vas prendre un peu de temps pour te reposer!!!!!
Comme le dit Carmen : « savoure ces instants »
Pose toi sur le chemin, arrête le temps sur cette journée. Est-ce que tu réalises vraiment ce que tu as fait jusqu’à présent?
J’imagine que oui, mais te rends tu compte réellement du rêve que tu nous donnes?
Cette journée de repos pour te permettre de souffler et prendre conscience que ce que tu fais montre : ta force, ton courage….
Tu vas voir, rien que çà et tu es boostée pour arriver à Santiago!!
Bonne journée Céline.
Bon repos ma belle !