Carnet de route (25) – Le début de la fin / The beginning of the end

Le 13 août 2010

Brieg et Cedric marchent vers Terradilos de Templarios sous le soleil qui tire doucement vers l'horizon.

Je regarde partir mes deux amis. Je filme leurs silhouettes qui se fondent peu à peu avec l’horizon. Je reste plantée en plein milieu du chemin, hébétée. Après ces trois jours avec Brieg et Cédric, je ressens comme une immense gueule de bois. Je laisse défiler devant mes yeux fatigués les images de cette épopée vers Leon.

Réveil tardif. Plus tard Brieg me fera don de son sweet-shirt pour remplacer ma polaire...

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Je revois le sourire de Brieg, son visage lumineux et candide, ses éclats de rires. Porte à porte à la recherche de nourriture, bain de minuit dans la piscine municipale (chut…), nuits à la belle étoile, chants, discussions animées à marche forcée. J’ai été subjuguée par la maturité de ces deux jeunes scouts, séduite par leur naturelle gentillesse et leur sens du partage, impressionnée par la façon dont ils appréhendent le monde. Ensemble nous avons dépassé nos différences (d’âge et de milieu social…) et avons tout partagé. Jusqu’aux miettes de biscuits ! Je les quitte grandie, apaisée et pleine d’espoir.

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Je ne peux malheureusement pas les suivre. Les 40 / 45 km qu’ils avalent par jour, le manque de nourriture et de sommeil m’ont laissée sur le carreau. J’ai repéré les premiers signes de faiblesse il y a deux jours. Aujourd’hui mon corps me rappelle au besoin de me reposer. J’ai les mains qui tremblent, mes jambes ne me portent plus, les yeux me piquent et mon coeur s’emballe au moindre effort. Hier, alors que je fêtais mes deux mois sur le chemin, j’ai compris que je devais prendre soin de moi si je voulais mener à bien mon projet.

Salle de bain extérieure : eau fraîche et intimité garantie...

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Brieg, 19 ans, vit à Nantes et envisage de donner sa vie à Dieu.

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Le 14 août 2010

Arrivée à Leon.

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.J’entre dans Leon le cœur serré. Je sais que cette étape marque le début de la fin de mon aventure. Dernière ligne droite vers Compostelle. Je marche sur la ville avec Alain, mon ami rencontré à Saint-Palais et qui a comme moi suivi la voie de Vézelay. Nous qui nous sommes retrouvés maintes fois le long du Camino frances nous sentons proches l’un de l’autre. Puisqu’il est ma plus ancienne rencontre, il est un peu un repère pour moi, quelqu’un en qui j’ai parfaitement confiance. Nous échangeons nos impressions, à la fois nostalgiques et excités à l’idée d’achever notre périple.
Je réalise peu à peu à quel point il me sera difficile de revenir.

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Vaisselle solidaire dans une auberge.

Céline Chevallier

August 13th, 2010

I watch my two friends leaving. I film their silhouettes which blend little by little with the horizon. I remain standing in the middle of the road, dulled. After these three days with Brieg and Cédric, I feel as an immense hangover. I let disentangle my tired eyes the images of this epic towards Leon.

I see again Brieg’s smile, his bright and artless face, his roars of laughter. Door to door in search of food, midnight swim in the municipal swimming pool (hush), nights under the stars, singings, discussions …. I was subjected by the maturity of these two young boy scouts, seduced by their natural kindness and their sense of sharing, impressed by the way they see the world. Together we exceeded our differences (of age and social environment) and shared everything. Up to the crumbs of biscuits! I leave them increased, calmed and full of hope.

August 14th 2010

I cannot regrettably follow them. The 40 / 45 km that they swallow a day, the lack of food and sleep left me on the stone floor. I spotted the first signs of weakness two days ago. Today my body calls back me the need to rest. I have hands which tremble, my legs do not carry me any more, my eyes prick and my heart is carried away in the slightest effort. Yesterday, while I celebrated my two months on the road, I understood that I had to take care of myself if I wanted to bring my plan to a successful conclusion .

.I enter in Leon with tight heart. I know that this stage marks the beginning of the end of my adventure. Final straight towards Compostelle. I walk on the city with Alain, my friend met in Saint Palais and who followed as me the way of Vézelay. We who have found eachother many times along Camino Frances feel close one of the other one. Because he is my most former meeting, he is a little a mark for me, somebody I perfectly trust. We exchange our impressions, at once nostalgic and incited at the idea of finishing our trip.

I realize little by little to which point it will be difficult to me to return.

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10 comments

10 Replies

  1. Bonjour / bonsoir Céline,
    Le chemin est indéniablement un lieu de « rencontres » où les émotions sont fortes, d’abord, par le fait d’être tous embarqués dans une aventure, chacun à son rythme, mais où la solidarité à cours et quand un pèlerin à un coup de mou, les autres sont là, des inconnus, des habitants, hospitaliers….pour soigner, remonter le moral, être là quand il faut, pour un certain temps, plus ou moins long! Ces émotions fortes deviennent un plaisir.

    La fatigue est l’ennemi à combattre, elle est la source qui peut faire renoncer. Je crois qu’il fait laisser le temps au corps à se remettre de cette fatigue, ne te pousse pas à bout, prends toi 24/48h pour te relaxer, soigner les courbatures, ampoules, faire d’autres rencontres…

    Je pense que tes proches te manque, c’est normal, surtout quand on à un compagnon, et qu’il est loin, mais je suis sûr qu’il comprend ta démarche, et même si ça dure 1 ou 2 jours de plus, il ne t’en voudra pas!

    Cette démarche est je crois unique dans la vie d’un humain qui fait le chemin d’une traite, et j’espère un jour, partager ses intenses joies.

    En relisant, mon texte est décousu, mais mon cœur est pas très bon en échange épistolaire. pardon.
    A+ Céline

  2. Bonsoir à tous,

    Depuis quand Compostelle est-il une compèt’ ?

    C’était donc bien une dent de … sagesse.

    (Bouder, c’est faire la gueule, et quand je ne sais pas dire ce que j’ai envie de dire, je me tais, donc je fais la gueule.
    Ca finit toujours par passer, avec le temps, on arrive à trouver le ou les mots qu’on cherche.)

  3. Martine août 14th 2010

    Céline,
    Fait une pause de 48 heures ! Reprends une marche normale, protège toi. Comment fais tu sans ta CB maintenant : c’est peut être « terre à terre » mais c’est quand même vital de bien se nourrir !!! Bon la morale passée je te souhaite bonne continuation !
    Bonne route.
    Bisous bisous

  4. Jean-Michel août 14th 2010

    Bonjour à tous les suiveurs de Céline en général et à Céline en particulier
    Je suis un nouveau supporter et je rajoute ma voix à celle des autres. Il n’y a que fierté à être fatiguée et la sagesse est de lever le pied.
    Leôn est une ville intéressante et méconnue qui mérite sûrement une visite approfondie… d’autant plus que tu es en avance d’une semaine !

  5. A l’heure ou je laisse ce message, j’imagine que tu es en train de dormir et j’espère que tu auras trouvé une bonne maison pour t’accueillir, t’offrir un bon repas et un lit bien douillet pour te reposer.
    Il faut te reposer afin de ne pas subir ton aventure, mais la savourer!!
    Si tu vas trop vite, tu vas passer à côté de tout un tas de choses.
    Tu n’as pas de retard sur ton planning, bien au contraire alors pourquoi vouloir aller plus vite que prévu et comme le dit JFF, tu ne fais pas un contre la montre!!
    Allez, repose toi et reprends la route avec ce plaisir qui nous faisait rêver depuis que l’on te sentait « à l’aise dans tes baskets ».
    http://www.cartes-souhaits.com/Blinkies/Soins/repos11.gif
    Bonne nuit Céline.

  6. C’est encore l’effervescence à Saint Antonin Noble Val, et si je ne prend pas le temps d’écrire, je n’oublie jamais de prendre de tes nouvelles. Ton aventure est une bien belle aventure et malgré les aléas, je suis à chaque fois heureuse de lire que tu surmontes, et même avec humour, toutes les épreuves.
    J’aimerais aussi savoir quand est prévue la fin de cette « promenade ». En tous cas, chaque moment est à savourer, on ne revit jamais deux fois la même chose.
    De la part de nous tous à Brousses, plein de bisous

  7. Armelle août 15th 2010

    Superbe aventure Céline.
    Prends soin de toi et bonne route.

  8. Salut Céline et lecteurs,
    Céline, une petite prière sera la bienvenue mercredi à 16H00, j’ai rdv avec équipe managériale tech pour l’emploi postulé!
    Profite bien du chemin, il te reste pas énormément!
    Je crois que nous sommes nombreux à te suivre et t’encourageons pour le reste du parcours.
    A vivement le film, Brûle pas tes pompes, je les encadrerais bien, vends les sur Ebay, ça te paiera une partie des frais….mdr
    Hasta luego

  9. Pour les pompes, c’est moi qui les encadrerai Peter et à ma manière ;-).
    Pour le reste, ben c’est Céline et je commence à la connaître un peu. Entêtée avec un sacré caractère (je n’ai pas dit « mauvais »), une jusqu’au boutiste se défiant en permanence. Une sacrée envie de bouffer la vie à pleines dents tout en sachant prendre assez de recul pour en analyser le goût ; parfois amer, parfois sucrée. Céline c’est un bout de femme qui est en train de se forger, de se peaufiner , à grands coups de défis.
    Mais c’est aussi la réflexion, l’écoute, l’analyse et une rage de vaincre. N’ayez crainte, elle saura aller jusqu’au bout et faire ce qu’il faut pour, car quelque part, c’est son ultime défi…
    Quant à moi, je me dis, va-t-elle aller jusqu’au Cap Finistère ? Jusqu’au bout du bout du chemin, là où l’océan arrête le marcheur irrémédiablement.

  10. Pour Jean-Charles,
    Moi, je craint que comme est partie Céline, elle ne s’arrête pas à Cap Finistérre, je crois plutôt (pas le chien) qu’elle va nager jusqu’à New-York!
    On est pas prêt de la voir…..;-o