Carnet de route (28) – L’envol / The flight

Le 18 août 2010

 

Après une journée de repos mon pied droit ne désenfle pas. Le soir je le montre à un cycliste « qui s’y connait », selon Iñaki l’hospitalier de Molinaseca. Le verdict est sans appel : j’ai deux tendons coincés l’un dans l’autre. Je saute au plafond dès qu’Angel (c’est son nom) pose un doigt à l’endroit inflammé. Soit je continue comme ça jusqu’à ne plus pouvoir marcher (bientôt), soit Angel me remet le tout en place. Il m’explique comment il va glisser son doigt entre les deux tendons et m’avertit de la douleur à venir. Dis-donc Iñaki, tu es sûr qu’il s’y connait le cycliste ?

Je n’ai pas de temps à perdre et j’ai surtout très mal. Je m’enquille deux chupitos (petits verres d’un alcool de provenance inconnue mélangé à ce qui me semble être du citron), et c’est parti ! Angel me bloque le pied et commence le massage. Je hurle de douleur en mordant mon foulard. Je réalise alors que je viens de confier mon pauvre pied à un parfait inconnu, au risque de… Tiens ! La douleur s’est arrêtée.

Chats sauvages du refuge de Molinaseca.

Matias. "Je sais que ce n'est pas noël, mais veux-tu passer une super nuit ?"

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Iñaki invite les pèlerins à goûter la tarte de Santiago, aux amandes.

Le 19 août 2010

Pause soins. De gauche à droite de haut en bas : piqûres d'insectes, coups de soleil, tendinite, cicatrisation, désinfectant, arnica pour courbatures, flacon d'alcool pour aiguille et ciseaux, Ibuprofène.

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Je sentais que cette étape allait changer mon chemin, je ne m’étais pas trompée. Je peux à nouveau marcher. Je vole même. Rien ne semble plus pouvoir m’arrêter. Je soigne ce qu’il me reste de tendinite à coup de rivière gelée, de crème et d’Ibuprofène. Et cette vilaine ampoule qui campe sur mon talon gauche ne saurait me ralentir. Avez-vous vu ce film, Forest Gump, où le héros, recevant une paire de baskets, se met à courir et ne s’arrête plus jamais ? Je dépasse un village, puis deux et trois. Aucune fatigue. Alors je continue, encore et encore. A chacun sa drogue ! Aujourd’hui je ressens le besoin de me dépasser, d’avancer jusqu’à n’en plus  pouvoir. Comme chaque jour je côtoie des pèlerins espagnols et italiens pour la plupart, à pied ou en vélo, qui viennent de plus ou moins loin. Candela et Sergio sont frère et soeur, et vivent à Cordoba (Andalousia). Je leur raconte mon aventure. Ils sont presque honteux de m’annoncer qu’aujourd’hui… c’est leur premier jour ! Moi je trouve ça super, et je me rappelle le jour de mon départ de Paris, le 12 juin dernier. Un premier jour il doit y avoir, et quelle que soit la durée du périple, je trouve ça génial de prendre la décision de partir marcher. Dans ce monde où tout va si vite, la marche s’inscrit comme une réponse au stress, comme un moyen de se retrouver, seul ou à plusieurs.

Candela et Sergio, aux abords de Villafranca.

Première étape bouclée à Villafranca.

Céline Chevallier

August 18th, 2010

After rest day my right foot does not become less swollen. In the evening I show it to a cyclist  » who knows there « , according to Iñaki the « hospitalier » of Molinaseca. The verdict is without appeal: I have two stuck tendons the one in the other one. I jump in the ceiling as soon as Angel (it is his name) put a finger in the inflamed place. Either I continue like that until be unable to walk any more (soon), or Angel puts all back in place for me quite ready. He explains to me how he is going to slide his finger between both tendons and warns me of the pain to come. Iñaki, you are ssure that he knows, the cyclist there?

 I have no time to lose and I have especially pain. I drink two chupitos (small glasses of an alcohol of unknown origin mixed in what seems to be lemon), and let’s go! Angel screws down my foot and begins the massage. I roar with pain by bitting my scarf. I realize I have just entrusted my poor foot to a perfect stranger, at the risk of… Hey! The pain stopped.

August 19th, 2010

I felt that this stage was going to change my road, I had not made a mistake. I can walk again. I even fly . Nothing more seems to be able to stop me. I look after what it remains to me of tendinitis with ice-cold river, cream and Ibuprofen. And this naughty bulb which camps over my left heel would not slow down me. Did you see this movie, Forest Gump, where the hero, receiving a pair of baskets, begins running and never stops? I exceed a village, then two and three. No tiredness. Then I continue, again and again. For eachone his drug! Today I feel the need to exceed myself, to move until be unable any more.

As every day I am next to Spanish and Italian pilgrims for the greater part, on foot or on bike, who come from more or less far. Candela and Sergio are brother and sister, and live in Cordoba ( Andalousia). I tell them my adventure. They are almost shameful to announce me that today it is their first day! I find that great, and I remember the day of my departure from Paris, on June 12th . A first day there should be, and whatever the duration of the trip is, I find that brilliant to take the decision to leave walking. In this world where everything goes so fast, walking joins as an answer to the stress, as a means to meet, alone or to some.

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21 comments

21 Replies

  1. Bonjour Céline
    Dans Forest gump, tu serais plutôt la plume qui s’envole…
    mais attention à ne pas te brûler les ailes à trop brûler les étapes !
    Si mon compte est bon, dans 4 ou 5 jours tu seras ARRIVEE…
    PS: tu as un beau chapeau.

  2. Et bé! que de péripéties!
    Un ange posa sa main sur ton pied, et le miracle eu lieu!
    Et Mathias, il propose quoi comme nuit, parce que ça peut être compris différemment, selon que l’on ai l’esprit tordu?
    Moi, par exemple, j’ai pensé qu’il proposait une chambre climatisé, avec baignoire, lit XXXL, petit déj au lit le lendemain…..
    A+, je doute plus de cette nana, quel tempérament!

  3. 1/ Evidement, ça dégoûte !
    Ces deux andalous-là tout frais entament l’aventure de leur existence, 200 km à tout casser, la trouille au ventre de ne pas y arriver et ils rencontrent une nana, seule je précise, qui a fait tout à pied ! et de Paris !
    Ca dégoûte.
    Dis, t’aurais pas vu des Polonais ou des Scandinaves partis de chez eux par hasard. ?
    Ca devrait faire le même effet…

    2/ Tu parles du premier jour, tu as raison : ce n’est pas l’arrivée à Santiago qui compte, c’est le moment du départ, c’est là que se fait le plus gros changement.

    3/ J’voulais devenir hospitalier de temps en temps, je ne sais pas si je serais capable, maintenant que j’ai lu tout ça…

    Bonsoir à tous !

  4. Martine août 20th 2010

    C’est sûr… elle doit avoir attrapé un drôle de virus ! (mdr !) notre SUPERWOMEN !
    Bises

  5. Et ben dis donc Céline, tu as eu de la chance de rencontrer Angel !!
    Une chose est sûr, il porte bien son nom.
    Grand merci à lui de la part de nous tous……de t’avoir donné ses ailes!!
    Cela fait vraiment plaisir de te voir ainsi.
    Seulement, fait attention à toi. Ne présume pas trop de tes forces.
    Tout doux, tout doux Céline, surtout sur ces dernières étapes.
    Tu seras heureuse d’arriver.
    Tu vas voir le panneau « Santiago » et là : ???
    J’ai le sentiment que tu vas ressentir un immense vide!!
    A moins que tu ne fasses comme Forest Gump : tu vas stopper tout court à la pancarte avec plus du tout l’envie de marcher.
    C’est un peu égoïste de ma part, mais cela va me faire un grand vide aussi lorsque tu seras arrivée!!

    Bonne nuit Céline.

  6. Heu, Carmen, Céline n’a pas de chapeau, c’est l’Andalouse qui en à un!
    ;-)

  7. OK, bien vu Peter, autant pour moi !
    Bien vu également ta traduction de l’espagnol…

    Pour JFF: pourquoi renoncer à ce projet d’hospitalier? Il n’y a sûrement pas d’autres Céline sur le chemin, mais probablement plein de pèlerins sympas, courageux, émouvants, humbles, …etc.
    Moi je ne cesse d’être impressionnée par tant de générosité et de partage

  8. Salut Céline et tous les autres!
    Je pense à un truc (oui, ça m’arrive), on à pas vu un seul tampon de crédencial, t’as pas oublié, non, parce que ça ferai bien joli, un poster de rien que des tampons, si t’as en stock, je peux faire ça!
    Oui, certains me diront, ben t’as qu’a y aller toi à Compostelle!
    Ce à quoi je répondrai: » Bonne idée »!
    Houlàlà, faut que je me soigne, je parle tout seul!
    Pleins de bonnes choses à tous.

  9. Bonjour Céline et tout son petit monde!

    çà y est, ma tarte « Santiago » sort tout juste du four!!
    Elle a une belle allure.
    Bon, pour la saveur, il va falloir attendre qu’elle refroidisse!!
    La suite au prochain post, après la digustation!!

    PS : pour ceux qui sont des maîtres de cette spécialité, j’aimerai bien avoir des infos pour la pâte qui garnit le fond. J’ai eu un mal fou à l’étaler!!

  10. « la dégustation »
    vous aurez sans doute rectifié!!

  11. EUH…..

    En fait, je n’ai pas vraiment attendu qu’elle refroidisse!!
    C’est très bon mais, je pense que c’est fait pour déguster après une longue marche comme le fait Céline.

    Là, je crois que je vais aller faire une bonne sieste pour digérer!! (rires).
    Bon après midi à tous.

  12. Qui c’est qui est gourmande? C’est ALN, bon, pour les autres, qui veulent essayer la tarte « Santiago », j’ai vite fais avec l’aide de wikipédia, une forme à découper pour le décor de la tarte.

    Cliquez sur le lien:
    http://storage.canalblog.com/60/31/653500/56258756.pdf

    Enregistrez le fichier, imprimez, pliez en deux en suivant la ligne, découpez, et ensuite, posez sur la tarte et soupoudrez de sucre glace!
    J’espére que ce sera utile, j’ai quand même pas passé 2 mn pour rien!
    Merci ALN de poster une part pour Céline, en poste restante à St jacques.
    See you

  13. WAOUH…….trop cool Peter !!

    Bon, pour la part de Céline on verra plus tard.
    On a déjà tout mangé et surtout, je n’avais pas le pochoir, ce qui fait que ma tarte n’était pas digne de notre Céline!!

  14. De nada ALN!

  15. Ha oui, j’avais pas pensé à la taille du moule à tarte, donc j’ai fais le croix plus petite pour que ça rentre dans un moule de 20cm de diamètre.
    http://storage.canalblog.com/62/78/653500/56264855.pdf

  16. Merci Peter,

    C’est nikel. Je viens juste de l’imprimer.
    Ce sera pour ma prochaine tarte Santiago!!

    Céline, tu ne nous as pas dit comment tu l’avais trouvé la tarte de Iñaki ?
    Comment vas-tu ce soir?
    Tu as survolé l’étape?

  17. Bonsoir à tous
    - Je vous invite à aller voir la belle bannière que Peter a faite pour mon blog (cliquez sous J F F). Aussitôt promis, aussitôt fait ! voilà un homme de parole. Merci à toi Peter !
    - A Carmen… on verra l’an prochain, sûr qu’être hospitalier cela me tente encore beaucoup…

  18. A tous ceux qui rêve d’aller à Compostelle, une chanson d’Anne Sylvestre, je l’écoute de temps en temps, mais l’avais oublié!
    le lien pour la vidéo:

    http://www.dailymotion.com/video/x1rwzl_anne-sylvestre-compostelle_music

    Les paroles:

    Qu’est-ce qui te pousse
    Quelle est la secousse
    Qui a décidé pour toi de ce chemin
    La source vive
    Celle qui te motive
    A-t-elle jailli d’un seul coup sous ta main
    Pour que ta quête
    Un jour te projette
    Tout seul sac au dos en humble pèlerin
    Pour que ton rêve
    Aujourd’hui soulève
    Autant de poussière en mon pauvre jardin

    La route est longue jusqu’à Compostelle

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    Clip Compostelle

    *
    clip video Anne Sylvestre Compostelle
    REGARDER LE CLIP

    + de paroles

    * Le bonhomme bleu marine
    * J’ai une maison pleine de fenêtres
    * Pour Dessiner Un Bonhomme
    * Pour Dire Bonjour Ou Pas
    * l escargot leo
    * Balan Balancoire
    * Les Gens Qui Doutent
    * petit poisson rouge
    * Boutchoko
    * C’est un veau

    Pour qu’on s’y attelle
    Faut avoir du cœur
    Le temps n’est plus de faire mes bagages
    Le pèlerinage
    Me fait toujours peur

    Bien que je sache
    Que rien ne m’attache
    (Et) que je pourrais suivre aussi la même voie
    C’est dans ma tête
    Que toujours secrète
    Se trace une route où je m’en vais parfois
    La marche lente
    S’étire et serpente
    Je tangue et chemine le long des coteaux
    Mais mon voyage
    N’est fait que de mirages
    O toi pèlerin prête-moi ton manteau

    La route est longue…

    S’il est d’usage
    Comme au Moyen Age
    D’envoyer quelqu’un à sa place marcher
    Dans tes prières
    Sois mon mandataire
    De mon catéchisme j’ai tout oublié
    Les paysages
    Seront les bagages
    Que tu garderas au fond de tes yeux clairs
    Sous quelques toiles
    A la belle étoile
    Tu feras ton lit dans la douceur de l’air

    La route est longue…

    Sur cette route
    Tu feras sans doute
    De belles rencontres on te tendra la main
    Et dans les gîtes
    (Où) parfois on s’abrite
    Tu ne seras qu’un parmi d’autres humains
    D’un pas tranquille
    Villages et villes
    Défileront comme grains de chapelet
    Si tu trébuches
    Ne crains pas les bûches
    Cette marche est bien celle que tu voulais

    La route est longue…

    Quand la dernière
    Des pluies printanières
    Aura baptisé ton voyage fervent
    Et quand plus vite
    Tes pieds qui méditent
    T’auront emmené encore plus loin devant
    Va faire escale
    (Au)près des cathédrales
    N’oublie pas surtout de bien les saluer
    Pour moi qui reste
    Sans faire un seul geste
    Et qui ne suis qu’une nomade arrêtée

    La route est longue..

  19. Aïe, une coquille (si je puis-je dire) du texte s’est entreposé avec le texte!
    le bon texte dessous!

    Comme au Moyen Age
    D’envoyer quelqu’un à sa place marcher
    Dans tes prières
    Sois mon mandataire
    De mon catéchisme j’ai tout oublié
    Les paysages
    Seront les bagages
    Que tu garderas au fond de tes yeux clairs
    Sous quelques toiles
    A la belle étoile
    Tu feras ton lit dans la douceur de l’air

    La route est longue…

    Sur cette route
    Tu feras sans doute
    De belles rencontres on te tendra la main
    Et dans les gîtes
    (Où) parfois on s’abrite
    Tu ne seras qu’un parmi d’autres humains
    D’un pas tranquille
    Villages et villes
    Défileront comme grains de chapelet
    Si tu trébuches
    Ne crains pas les bûches
    Cette marche est bien celle que tu voulais

    La route est longue…

    Quand la dernière
    Des pluies printanières
    Aura baptisé ton voyage fervent
    Et quand plus vite
    Tes pieds qui méditent
    T’auront emmené encore plus loin devant
    Va faire escale
    (Au)près des cathédrales
    N’oublie pas surtout de bien les saluer
    Pour moi qui reste
    Sans faire un seul geste
    Et qui ne suis qu’une nomade arrêtée

    La route est longue..

  20. coucou Céline!!!!!t’es bientôt arrivée!!!!!!!super ton aventure!!!mtnt que tu commences à cavaler, t’as plus qu’à tout refaire en courant de Paris :P!!!!Bon courage pour ces derniers jours!!A bientôt !BIsous

  21. Martine août 23rd 2010

    On sent la fin arriver ! Vous délirez tous un peu : c’est rudement sympa !