Carnet de route (31) – Et soudain… Plus rien / And suddenly…nothing anymore
Le 24 août 2010
A attendre longtemps quelque chose, on est souvent déçu. Moi je n’attendais rien de particulier. Santiago, je n’y avais pas vraiment pensé, je n’avais rien imaginé de spécial. Effectivement rien n’arrive. Pas d’illumination pour moi, ni révélation ni rien du tout. Rien.
Hier a été une journée éprouvante. Alain et moi avons marché sous la pluie des heures durant. Moi en chaussettes dans mes chaussures ouvertes pour soulager mes ampoules, claudiquant dans la gadoue. Génial ! Le ciel se dégage en fin d’après-midi et nous profitons de la tombée de la nuit pour prendre un peu d’avance.
.
Au réveil nous ne sommes plus qu’à 10 km de Santiago. Nous sommes émus… Nous nous arrêtons au camping pour prendre une douche (nous avons dormi sous la tente) et nous faire « beaux » pour la fin de notre aventure. Alain se rase et s’arrête même chez le coiffeur !
Nous entrons doucement dans la ville, suivons le fléchage jaune et répondons aux saluts joyeux des cyclistes. La bonne humeur règne aux abords de Santiago, les pèlerins et touristes se font de plus en plus nombreux. Je marche souriante et légère. J’essaie d’imaginer comment sera mon arrivée, que vais-je dire et faire, qui vais-je retrouver, que vais-je ressentir ?
Et soudain sans crier gare, la cathédrale me fait face. Je sursaute presque. C’est terminé, je suis arrivée. C’est fini. Là, maintenant, ce pourquoi j’ai marché des mois durant est devant moi. Et je me sens vide.
.
Je reste plantée là, hébétée au milieu de la place pavée, étrangère à la foule délirante de bonheur. J’ai un haut-le-coeur et une première larme coule sur ma joue. Un immense « rien » pénètre mon corps tout entier et je ne peux résister à la pression plus longtemps. J’éclate en sanglots. Je suis inconsolable, incapable d’exprimer le vide qui m’habite désormais, le visage inondé d’une tristesse que je ne comprends pas encore.
Je marche sans but. Ma compostella en poche, je traîne ma nostalgie dans les rues de Santiago. Je n’ai aucune envie d’écrire, de filmer ou prendre des photos. Je me confie par téléphone à mon père qui m’encourage à profiter de l’endroit : mon bus pour Paris est demain matin, j’ai peu de temps pour travailler.
Vous écrire à vous tous qui me lisez depuis plus ou moins longtemps me redonne le sourire. Et la force, enfin, de pénétrer dans la cathédrale pour y découvrir le tombeau de Jacques le Majeur. Je suis émue de rédiger cet avant- dernier article qui me force à réaliser ce qui m’arrive. Il me reste à rentrer chez moi pour retrouver mes proches et ma vie parisienne. Il sera alors temps pour nous tous de se dire au-revoir.
En attendant il me reste une mission à accomplir : passer les sept portes de Compostelle !
Céline Chevallier
August 24th, 2010
For waiting for a long time for something, we are often disappointed. I waited for nothing particular. Santiago, I had not really thought about it, I had imagined nothing special. Effectively nothing arrives. No illumination for me, neither revelation nor absolutely nothing. Nothing.
Yesterday was a testing day. Alain and I walked in the rain for hours. I in socks in my opened shoes to relieve my bulbs, limping in the mud. Brilliant! The sky gets clear late in the end of the afternoon and we take advantage of the nightfall to set a little beforehand.
In the awakening we are not more than in 10 km from Santiago. We are moved … We stop in the campsite to take a shower (we slept under the tent) and make us « beautiful » for the end of our adventure. Alain shaves himself and even stops at the hairdresser’s!
We enter slowly the city, follow the yellow road signs and answer the joyful cyclists’greetings. Cheerfulness reigns around Santiago, the pilgrims and the tourists are more and more numerous. I walk smiling and light. I try to imagine how my arrival will be, what I am going to tell and make, who I am going to find, what I am going to feel?
And suddenly without a warning, the cathedral faces me. I almost.jump It is ended, I arrived. It is finished. There, now, this why I walked for some months is in front of me. And I feel empty.
I remain standing there, dulled in the middle of the paved square, foreign to the delirious of happiness crowd. I feel sick and a first tear flows on my cheek. An immense « nothing » penetrates into my whole body and I can resist to the pressure no longer. I burst into sobs. I am inconsolable, incapable to express the space which lives in me henceforth, the face flooded with a sadness which I do not still understand.
I walk aimlessly. My compostella in pocket, I drag my nostalgia in the streets of Santiago. I do not want to write, to film or to take photos. I phone my father and he encourages me to take advantage of the place: my bus for Paris goes tomorrow morning, I have little time to work.
Writing to you, all of you who read to me since more or less for a long time, restores my smile. And the strength, finally, to penetrate into the cathedral to discover it Jacques le Majeur’s grave. I am moved to draft this before last article which forces me to realize what happens to me. I have to go back hometo find my close relations and my life in Paris. It will be then time for all of us to say goodbye.
While waiting for I have a mission to be carried out: to cross the seven doors of Compostelle!
Mots-clefs :arrivée compostelle, article compostelle, blog compostelle, blog pèlerin, camino compostella, camino frances, camino santiago, Carnet de route, cathédrale, céline chevallier, chemin, chemin compostelle, Chemin de Saint-Jacques, chevallier céline, compostela, compostella, compostelle, compostelle 2010, compostelle par vézelay, creantiale, credentiale, feuille de route, jacques le majeur, journal de bord, marche, marche randonnée, Paris-Compostelle, pèlerin, portes compostelle, randonnée, randonnée compostelle, religion, Rencontres, route compostelle, Saint Jacques de Compostelle, Santiago, St Jacques, St Jacques de Compostelle, tombeau, Vers compostelle, voie de vézelay




Bravo Céline et merci de nous avoir fait partager ton aventure. Ton chemin n’est pas fini, en fait il commence. Tout va te revenir, tu vas en rêver la nuit. Moi j’ai rêvé un bon bout de temps que je marchais encore. Tes pensées s’échapperont souvent vers ton chemin et ceux que tu as rencontrés. Tu y reviendras sûrement. C’est le chemin, le vrai but! Je viens de lire un très beau livre: « Marcher pour apprendre à aimer » de Gérard Trèves, qui est revenu à pied à la vitesse d’une tortue car il est handicapé.
Amitiés et bon chemin.
Tiens-nous au courant pour la suite, film, livre etc….
Bises
Lydia
Bon, vl’a t’y pas que l’émotion me gagne, c’est vrai, j’avais pas imaginé le jour où tu arriverais!
Tu devrais avoir honte de me faire « renifler »! non, j’ten veux pas, tu penses, j’ai tellement de plaisir de savoir que tu es arrivé, sans trop d’encombres, avec tellement de souvenirs à partager, ou pas, des images pleins la carte mémoire…..
Je te souhaites tellement plein de bonheur pour toute ta vie, soit heureuse!
Bon retour Céline
Je crois que nous sommes nombreux à ressentir ce grand vide soudain…
Et je ne trouve rien à ajouter si ce n’est BRAVO !
Je vais attendre avec impatience ton dernier carnet, surtout si tu as rempli la mission que je te proposais.
Alors, du fond du coeur, merci pour tous ces moments d’intense émotion, avec, en prime cette photo avec johannes. Savais-tu que tu allais le retrouver à Compostelle, t’attendait-il?
A très bientôt
Pour les lecteurs: Luz a envoyé un commentaire sympa sur le carnet 23
Au revoir à tous…
Oh la la, c’est vraiment très émouvant … et c’est super que tu sois arrivée à Santiago, malgré les ampoules et tendinites …..
Maintenant il te faudra certainement du temps pour ‘arriver’ à nouveau dans ta vie de tout les jours. Avec ma soeur et mon beau-frère on te souhaite beaucoup de chance et de bonheur pour ton ‘camino’ de vie. Et si tu passes en Belgique (à Eupen), n’hésite pas à venir nous faire un petit coucou (je suis gérante d’un gîte de 103 lits, donc il y aura toujours de la place).
A la prochaine Céline,
Monique
Bonsoir Céline,
Comme je suis heureuse pour toi!
Je ne suis pas du tout surprise de ce que tu as ressenti lorsque tu es arrivée.
C’est presque une sorte de douleur. On ne sait plus si l’on doit rire ou pleurer !!
Et comme tu dis, on se sent vidé!!
Tu vas nous manquer Céline.
Tu mérite notre « GRAND RESPECT » à tous.
J’imagine que tu n’es pas au bout de ton émotion car, je suppose que chez toi, on t’attend avec beaucoup d’enthousiasme. Ta famille doit être très fière de toi.
Je t’embrasse Céline et merci pour ce que tu nous as fait vivre à tous.
Et surtout, si tu passes par Nantes, fait moi signe et, je te ferai gouter ma tarte Santiago surtout que grâce à Peter j’ai le pochoir qu’il faut!!
Tu vois, Céline, ton voyage n’est pas fini, tu as rendez vous aux quatre coins de la France et plus loin encore peut-être!!
Chapeau bas Céline!!
Bravo Céline
Quelques mots pour te dire à quel point je suis content d’avoir suivi en direct live les derniers jours de cette quête incroyable.
J’espère voir un jour ton film.
Si tu mettais ton tee shirt ou tes chaussures en vente sur ebay, fais-moi signe: je tenterai une enchère (en fait, c’est un investissement car je parie sur ton avenir professionnel: imagine la valeur des pompes que Mao Tsé Toung a utilisées lors de sa Grande Marche !)
Je me joins aux autres pour t’inviter … dans un autre continent : je résiderai au Maroc d’ici deux mois et pour deux ans.
Encore bravo !
Félicitations ! Ce beau chemin de Compostelle, commencé à Paris et passant par Vézelay comme d’autres l’ont fait il y a 3, 6, 10 ans, et 1000 ans, est un périple magnifique.
Hébétude à Santiago, sentiment partagé.
Maintenant une nouvelle vie commence !
Ultreïa !
Jean François
PS : Nous sommes voisins… c’est quand tu veux !
Céline, tu es prête pour le tour du monde !
Encore un blog, s’il te plaît !
L’ex-randonneur que je suis te félicite, ta performance et ta volonté t’ont permis d’aller au bout du chemin (comme pour le boulot, mais ça je n’ai pas le droit de le dire !).
Profite des derniers instants, et puis trois choses :
du repos, du repos, et du repos.
Bises,
Hervé.
En vérité, le chemin importe peu, la volonté d’arriver suffit à tout.
(Albert Camus, extrait du Mythe de Sisyphe)
Un grand bravo du fond du coeur.
BIse.
Steph
Bravo, bravo !!!
Bon retour auprès des tiers.
Pstttttttt : tu nous feras une photo de Guillaume…?
Bises et à bientôt ?
Merci à tous aussi. J’ai été ravie de partager ces 2 mois 1/2 avec vous.
Merci à toi Céline de nous avoir permis à tous de nous retrouver sur ton blog.
Je suis ravie d’avoir pu rencontrer grâce à toi Martine et Jean-Charles. A qui je fais un petit coucou.
Mais, je n’oublie pas tout ceux qui sont venus papoter ici.
Nous avons passé des moments passionnants et les échanges étaient forts sympathiques!!
Et çà, c’est à toi qu’on le doit!!
Tu as bien mérité ton repos dans un grand lit confortable avec de jolis draps bien doux, un bon bain plein de mousse!!
Et la suite t’appartient…..
Je t’embrasse.
Encore bien dit ALN, pas mieux!
Amicalement
Merci Peter.
Et au fait, ce boulot???
Tu ne nous en as pas reparlé?
Toujours pas de nouvelles, alors je postule, et tu sais où! A Nantes, j’ai rdv vendredi pour une mission intérim long durée (12 mois). mais je compte tjrs plus sur le poste de Rennes, plus intéressant!
A bientôt
Coucou Céline, si j’ai bien tout compris, t’es rentrée, hummm, le grand lit, le bain mousse, un steak frites….
Ouh la la ! quel chemin parcouru, cela en donne le tournis !
Je crois qu’il y aura tant de choses à raconter, que tu resteras muette quelques jours, le temps de réaliser, de reprendre tes esprits …
Nous attendons avec impatience d’avoir de tes nouvelles.
De toutes façons, c’est toujours l’attente de quelque chose, le chemin à faire pour y parvenir, le rêve, l’attente qui sont le plus importants, sinon, tu y serais allée en avion !
Plein de bisous
BONNE AVENTURE ! ! ! !
Elle ne fait que commencer ;-)
Bonsoir Céline, et tout son petit monde,
On se dit : « mais que fait-elle maintenant?? »
Tu dois te sentir très lasse, mais j’imagine que retrouver ta famille, tes amis a du être un moment très fort après cette longue absence et tout ce chemin parcouru.
Les choses doivent à présent avoir une autre valeur.
Après une telle expérience, on doit vivre « autrement »?
Nous pensons tous très fort à toi.
PS : petit message à Peter.
Si tu viens à Nantes, cela aurait pu être sympa de faire connaissance mais, mon emploi du temps est bien chargé puisque je commence à bosser à 8h15 avec une pause de 13 à 14 qui souvent est inexistante et, je ne finis pas avant 19h15!!
Slt ALN, ben, c’est gentil, si je retourne une autre fois, je te fais signe!
mon mail: messire.bohort@gmail.com
C’est dingue comme on s’attache à quelqu’un qu’on ne connaît pas, je pense à Céline, bien sûr!
je crois que je suis triste de ne plus suivre cette aventure, la preuve que je ne suis pas seul, d’autres laissent des messages sur cette dernière page!
A bientôt
Hey Céline!!! Bien rentrée j’espère!!! on t’attend à l’add academy :)!!! bisous
Je viens de parcourir la presque totalité de ton blog et vraiment j’ai trouvé tout cela très très émouvant, ta démarche, ton courage, te redécouvrir (ou découvrir?) à travers l’écriture…
J’ai vraiment hâte de lire le bilan de toute cette aventure! Te sens-tu différente? Qu’est ce que cette aventure a profondément affecté chez toi? As tu le sentiment de mieux te connaître après tout ça? La relation avec ton corps a t elle changé? Les relations avec les autres?
Je sais je suis terriblement curieuse ^^
J’espère que ton blog ne va pas s’arrêter là, c’est une source d’inspiration, et il fait écho à beaucoup de questions qui nous hantent. Un dernier mot: je regrette de ne pas avoir marché avec toi!
Bises